30 novembre 2017 |  Catégories : Non classé

Texte publié dans le journal de Québec et de Montréal du 14 novembre 2017

La teneur des discours et des positions publiques de nos élites sur les abris fiscaux remettent profondément en question notre système d’éducation obligatoire. Comment expliquer qu’on se questionne davantage sur la légalité des abris fiscaux que sur le développement moral de ceux qui les utilisent pour éviter de remplir leurs responsabilités sociales. La Déclaration universelle des droits de l’homme est fondée sur la dignité humaine. En d’autres mots, c’est la valeur intrinsèque absolue d’un être, qui est de nature une fin en soi, donc sa valeur suprême, qui fonde non seulement le droit mais surtout l’éthique, l’humanisme, le féminisme, la démocratie et toutes les institutions publiques au service du bien commun.
Ce sont des êtres moralement déficients qui profitent des failles d’un droit toujours en retard sur les changements sociaux et technologiques pour ne pas respecter leurs devoirs civiques. Ces comportements immoraux de l’élite financière que l’on rencontre malheureusement aussi dans d’autres classes sociales et d’autres domaines d’activités sont dus principalement à l’échec de l’école obligatoire dans le développement moral des futures générations. Cela se comprend puisque le programme d’éthique de l’école québécoise n’est pas fondé sur la dignité humaine. En attendant que l’on change les lois sur les paradis fiscaux, nous ne sommes pas impuissants. Nous pouvons choisir quel genre d’éducation morale nous souhaitons pour les générations à venir. Nous pouvons militer pour une éducation humanisante fondée sur le respect de la dignité humaine qui devrait être au cœur du programme d’éthique.

Gaston Marcotte
Professeur associé à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval
Président-fondateur du Mouvement Humanisation