30 novembre 2017 |  Catégories : articles

Texte en lien avec la Grande Semaine des Tout-Petits de novembre 2017

J’ai passé soixante et seize années de ma vie dans des institutions éducatives au Canada et aux États-Unis comme étudiant, entraineur, enseignant, chercheur, et aujourd’hui professeur associé. J’ai également consacré les trente dernières années à étudier spécifiquement le développement humain. J’aimerais profiter de la Grande semaine des tout-petits pour faire ressortir l’importance primordiale d’une éducation humanisante pour les enfants qui héritent en naissant d’un merveilleux potentiel d’humanité.
Je résumerais ma pensée ainsi : tous les êtres vivants sont, de nature, une fin en soi, donc à eux-mêmes leur valeur absolue, digne d’un respect inconditionnel. Les humains, grâce à leur pensée réflexive, peuvent en prendre conscience et en tirer des leçons dans leurs rapports avec le réel, l’environnement, la vie, eux-mêmes, autrui et la société.
Les humains aspirent naturellement à vivre heureux ici et maintenant. Ils cherchent constamment à augmenter leur bien-être et à diminuer leur souffrance. On sait que leur bonheur dépend directement de la satisfaction de leurs besoins, désirs et aspirations. Et la capacité de les satisfaire, elle, découle directement de l’actualisation, des différentes dimensions de leur être (affective, morale, mentale, sociale, sexuelle, etc.).
Par conséquent, chaque nouvelle génération à un droit naturel, donc inaliénable, à une éducation humanisante transmise par des personnes dûment formées. Cette éducation qui n’existe pas présentement doit se faire à partir de programmes d’humanisation fondés sur une science et un art transdisciplinaires du développement humains, et adaptés à chaque catégorie d’âge, y compris les tout-petits.
Le non-respect de ce droit inaliénable doit être considéré à l’avenir comme le premier crime contre l’humanité puisque tous les autres en découlent directement ou indirectement. Ce crime est d’autant plus inexcusable que l’humanité possède actuellement suffisamment d’experts, de connaissances théoriques et pratiques, d’institutions éducatives, et de moyens financiers et technologiques pour élaborer et diffuser rapidement de tels programmes.
En cette semaine des tout-petits, gardons en tête que si on souhaite qu’ils apprennent à bien développer toutes leurs dimensions et qu’ils sachent plus tard comment assumer leur responsabilité d’adulte dans le respect de leur dignité et de celle d’autrui, il est indispensable de leur offrir cette éducation humanisante à laquelle ils ont droit.
Gaston Marcotte
Professeur associé à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval
Président fondateur du Mouvement Humanisation