25 mars 2015 |  Catégories : articles

La cyberintimidation est devenu un problème social. Le gouvernement fédéral vient de déposer un projet de loi qui prévoit jusqu’à cinq ans de prison pour quiconque distribue sur internet des images intimes d’une personne sans son consentement. Cette mesure vise à combler le vide juridique de cette nouvelle forme de cyberintimidation. On peut présumer un lien entre ce nouveau type d’intimidation et l’hypersexualisation d’une société dépourvue de balises morales respectueuses de la dignité humaine. Comment expliquer que les démocraties se soient tournées presqu’exclusivement vers le juridique et le curatif plutôt que l’éthique et le préventif pour amener les citoyens à respecter leur dignité et celle d’autrui ?

Pourquoi une judiciarisation excessive de nos sociétés et une moralisation quasi inexistante ? Pourquoi la punition plutôt que l’éducation ? La plupart des membres de notre espèce s’estiment intelligents et moraux. Pourtant, il est devenu évident que la cause principale des nombreux problèmes auxquels fait face l’humanité présentement, y compris la cyberintimidation, est notre sous-développement moral. Pourquoi continuons-nous alors à gaspiller autant de temps, d’énergie et d’argent à pallier aux effets récurrents de ce sous-développement plutôt que d’y remédier par l’enseignement d’une véritable éthique fondée sur la dignité inhérente à toute vie humaine.

S’attaquer à la cause plutôt qu’aux effets de notre sous-développement moral exigera cependant le respect du droit des enfants et des adolescents à une éthique humanisante. Une telle éthique pour être humanisante devra être fondée sur une conception naturelle, rationnelle, scientifique et évolutive de la commune nature des êtres humains et leurs exigences de bon développement et de bon fonctionnement dans leurs nombreux rapports avec le réel, l’environnement, la vie, soi-même, autrui, la société et l’humanité. À notre connaissance, une telle éthique fondée sur une science et un art transdisciplinaires du développement humain n’existe pas présentement au Québec ou ailleurs dans le monde. Pourquoi le Québec n’en ferait pas une priorité ?