26 mai 2017 |  Catégories : lettres

Monsieur le Ministre,

Voilà plus de vingt-cinq ans que je m’intéresse aux causes du sous-développement surtout moral des êtres humains et comment y remédier. Mes recherches m’ont convaincu qu’il faut avant tout refonder l’éducation obligatoire si l’on veut s’attaquer à la source de nos nombreux problèmes plutôt qu’à leurs effets qui ne font que s’aggraver.
Tous les membres de notre espèce naissent humain qu’en potentiel. Ils héritent cependant dans leur patrimoine génétique une capacité d’apprentissage dont on ignore encore les limites. Par conséquent, tous les enfants et les adolescents ont droit à une éducation humanisante. Or, il n’existe pas présentement de programme d’humanisation fondé sur une science et un art transdisciplinaires du développement humain et adaptés à chaque catégorie d’âge. L’élaboration de tels programmes devrait donc être la priorité du gouvernement s’il veut respecter ce droit inaliénable des enfants à l’atteinte de leur plein potentiel. Cela serait d’autant plus facile à mettre en branle qu’il existe présentement suffisamment d’experts et de connaissances pour les élaborer à coûts minimes. Évidemment, la formation des enseignants en poste et des futurs enseignants à l’aide du même programme sera indispensable.
Tant que les systèmes obligatoires d’éducation ne respecteront pas, au moment propice, le droit des enfants et des adolescents à une éducation humanisante, il est utopique de penser qu’on va réussir à améliorer le développement intégral de l’élève. Cette éducation humanisante, dont l’éthique sera le cœur, viserait à les rendre toujours plus conscients, raisonnables, solidaires, volontaires, autonomes, créatifs et responsables (moraux) dans la conduite de leur vie personnelle et sociale. Sans une telle éducation, on aura beau mettre plus d’argent, ajouter ou enlever des spécialistes, instaurer la maternelle à 4 ans, terminer le secondaire à 18 ans, ajouter un cours de finance/budget, cela ne corrigera pas la crise principale de l’école obligatoire.
Si vous souhaitez, monsieur le Ministre, discuter davantage des fondements de l’éducation obligatoire, il me fera plaisir de partager avec vous les résultats de mes recherches. Si ce n’est pas déjà fait, je vous invite à prendre connaissance de l’ébauche d’un ouvrage que j’ai intitulé Le défi de l’humanisation. Pourquoi pas le Québec? que le bureau du premier ministre a fait parvenir à votre ministère.

Bonne chance dans vos consultations.

Gaston Marcotte
Professeur associé au département des sciences de l’éducation à l’Université Laval
Président fondateur du Mouvement Humanisation